« La désignation au poste de manager de Ministère A.M.E.R s'est faite au détour d'une conversation dans un train qui revenait de Paris vers Garges - Sarcelles. Il a fallu tout apprendre et très rapidement. Notre compréhension approximative du fonctionnement du business de la musique devait être complétée par de la recherche, de la lecture. Des livres écrits par Gildas Lefeuvre, édités par le Centre d'Information du Rock ( CIR ), donnaient cet éclairage nécéssaire dont nous avions besoin.

C'était le début. Frédéric Bride, un bippeur ( chacun ) pour être contacté par les membres du groupe, un fax dans sa chambre, et moi. Puis, peut-être parce que nous étions bons dans cet exercice, ou juste parce que nous étions les seuls managers du coin, d'autres clients talentueux sont arrivés. Avec cette augmentation de la masse de travail, la professionnalisation était devenue le seul chemin possible. Les Neg'Marrons, Ärsenik, Doc Gynéco, Singuila, MC Janik, Pit Baccardi ( en collaboration avec le label Première Classe ), Futuristiq, Les Nubians, Académia ( transfuges du groupe de Koffi Olomidé ).

Tous voulaient nous confier la gestion de leur carrière. Ils voulaient que nous servions de liant entre eux et les maisons de disques qui voulaient ou les avaient déjà signés. Une structure par métier donc la création d'autres sociétés est obligatoire. Nous pouvions être éditeur, manager pour certains, produire les clips, distribuer des disques ou être le label pour d'autres. Notre unique volonté ; permettre à ces artistes talentueux de mieux produire, d'augmenter le nombre de leurs fans, de se produire dans les plus grandes salles du monde, d'aller à la rencontre d'autres artistes talentueux, et, de vivre de leurs créations. »

Jérôme Ebella